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Les entreprises appelées à jouer le jeu du solaire

Énergie propre, n’émettant aucun gaz à effet de serre, avec une matière première gratuite, inépuisable et disponible partout, l’énergie solaire n’offre à première vue, que des qualités. Reste à convaincre les entreprises de s’y mettre…

Nelly LAMBERT - 29 novembre 2019
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Le chiffre est dérisoire et interpelle : 2%. Il correspond à la part de la consommation d’électricité couverte par l’énergie solaire en Loire-Atlantique en 2017, selon une étude dévoilée il y a quelques jours par l’Auran (Agence d’urbanisme de la région­ nantaise).

Autre constat de l’agence : le parc solaire du territoire, même s’il croît (+14% par an entre 2011 et 2017), le fait à une moindre mesure qu’à l’échelle nationale (+20%).

En cause : le déficit de grandes installations pénalise la production d’énergie solaire, 97% des installations actuelles étant de faible dimension. Ce sont en effet les panneaux photovoltaïques des particuliers qui constituent la quasi-totalité des installations en fonctionnement.

« Les 15 plus importantes installations en fonctionnement concentrent 20% de la production solaire (…). Malgré leur faible nombre, ces grandes installations permettent de peser fortement sur la production électrique solaire à l’échelle locale », souligne par ailleurs l’étude de l’Auran, qui poursuit : « Le potentiel mobilisable sur les grandes toitures de la métro­pole représente 20% du potentiel de production solaire­. Il se concentre sur près de 70 toitures de la taille d’un terrain de football. Et ces grandes toitures, équipables à court terme, se situent à 75% au sein des zones d’activité. »

Pour augmenter de manière significative la part de l’énergie
solaire, il est donc indispensable que les entreprises se mobi­lisent sur ce sujet. « Quatre grands secteurs économiques sont à activer en priorité : l’industrie (30% du potentiel sola­risable), le commerce de détail (27%), le transport logistique (19%) et le commerce de gros (15%) », identifie l’agence d’urbanisme, parce qu’ils disposent de grandes toitures. Une quinzaine de sites ont ainsi été identifiés pouvant être intéressés par la valorisation de l’électricité produite pour leur propre consommation (autoconsommation). 

Une solution pour chaque situation

Parallèlement, le 21 novembre dernier, la CCI Nantes St-Nazaire et Atlansun, cluster regroupant l’ensemble des acteurs professionnels, privés et publics, de la filière solaire du grand Ouest, ont organisé une table-ronde. Intitulé « Grandes toitures solaires, les entreprises passent à l’action ! », l’événement a attiré 85 participants, un chiffre qui satisfait Simon Ducasse, directeur d’Atlansun. « On a voulu montrer aux chefs d’entreprise et aux collectivités qu’il existe un ensemble d’outils et de modèles d’affaires qui correspondent à la diversité des situations, depuis le modèle traditionnel qui consiste à vendre de l’énergie, jusqu’à l’autoconsommation. Quels que soient son type d’activité, sa capacité d’investissement, la stratégie de l’entreprise, la maturité des projets, il y a une modalité et une intervention adaptées. »

Le cluster Atlansun, un interlocuteur privilégié

Pour intéresser les entreprises qui peuvent être tentées de considérer l’installation de panneaux photovoltaïques comme un sujet non prioritaire, la matinale a privilégié l’information. Au programme : un état des lieux et les perspectives du solaire en Loire-Atlantique, le retour d’expériences d’entreprises, suivi d’un temps d’échanges avec la salle. « Il y a une prise de conscience globale sur la nécessité de recourir à des énergies renouvelables, observe Simon Ducasse. Aujourd’hui, les questions que l’on nous pose ne sont plus sur pourquoi faut-il faire du photovoltaïque, mais comment on le fait. Le message que l’on souhaite faire passer aux acteurs professionnels, c’est de nous contacter s’ils veulent passer à l’action. Notre rôle est en effet d’apporter un regard désintéressé. On les informe sur le champ des possibles, sans faire de préconisation. Mais on peut aussi les mettre en relation avec des entreprises qui vont les conseiller et les accompagner. »

Parmi les questions qui reviennent le plus, celle du coût apparaît, évidemment, en bonne place. « C’est une question compliquée, estime Simon Ducasse, car il existe différents modèles. Si vous avez des capacités d’investissement, par exemple, le temps de retour sur investissement est de 10-12 ans. Ce sont des horizons auxquels il faut s’habituer sur la transition énergétique. » S’il précise qu’il n’existe pas d’aides financières territorialisées, le mécanisme se situant au niveau de l’État, le directeur d’Atlansun rappelle qu’« au niveau du territoire, il y a une aide technique à la définition, l’émergence et l’accompagnement des projets, par nous. »