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«Les communes doivent agir pour les TPE locales»

Face à la crise liée au Covid-19, Didier Ronté, vice-président de l’association Sud Loire Avenir (SLA), en charge des entreprises, a lancé un appel aux communes pour soutenir les TPE et PME locales. Interview.

Julie Cateau - 26 juin 2020
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D’où provient votre appel aux communes ?

Sud Loire Avenir et Culture Entreprises* ont mené une enquête fin avril-début mai auprès de 1000 entreprises du territoire. Nous avons recueilli 150 réponses : 30% des entreprises ont indiqué une baisse de CA de plus de 50% et 10% plus de 70% de baisse. Certaines ont déjà arrêté ce mois-ci, notamment les autoentrepreneurs dans la communication, le web, des peintres qui démarraient… En discutant avec l’Adie, les banques, la Maison de la création, nous avons réalisé qu’on était loin de la vérité avec cette enquête, sachant que le Sud Loire compte 28 000 entreprises. Les experts-comptables et les greffes des tribunaux de commerce s’attendent à une augmentation des dépôts de bilan entre le 15 août et le 15 septembre. 

Vous proposez d’utiliser la commande publique pour la relance ?

Effectivement, il s’agit de promouvoir la procédure de marché publique allégée, en vigueur depuis le 1er janvier 2020, et qui permet de ne pas passer par la mise en concurrence pour des projets en-deçà de 40 000 €. C’est une disposition très récente donc peu connue dans les collectivités. Nous voulons diffuser le message aux communes : ils ont un outil pour travailler avec les TPE et PME locales. Au sein des municipalités, un inventaire peut être par exemple réalisé avec les services techniques pour étudier les travaux à effectuer. Cela peut être la mise en conformité d’un bâtiment, la création d’espaces verts…

Quelles difficultés rencontrez-vous dans la promotion de ces dispositifs ?

Il est délicat de savoir précisément quelles entreprises souffrent. Souvent, cela est passé sous silence. Alors nous avons incité les banques à passer le message à leurs clients : « si vous avez des difficultés, vous pouvez vous inscrire sur une liste en mairie qui recense les entreprises fragiles. » Nous faisons aussi appel aux associations de commerçants, d’artisans, de producteurs… 

Vous avez aussi encouragé l’instauration de chèques, émis par la Ville, à utiliser dans les commerces locaux ?

C’est une proposition utilisée dans d’autres régions de France. Sur notre territoire, Le Pellerin a voté, lors de son dernier conseil municipal le 15 juin, l’émission de deux chèques de 5 € et deux de 10 €, soit un montant de 30 € par foyer, à utiliser dans les commerces de la ville. Ils doivent servir pour un montant représentant le double de la valeur 
du chèque et ne peuvent être utilisés pour acheter de l’alcool. Le commerçant s’inscrit dans un programme infor­matique hébergé par Transway, un prestataire de Nantes Métropole. Les chèques sont valables jusqu’au 31 décembre 2020. Avec cette formule, la commune du Pellerin aura 
injecté 300 000€ dans son économie locale.

Comment les communes ont-t-elles accueilli vos propositions ?

Le Pellerin est la seule à avoir décidé de mettre en place le dispositif complet : inventaire des entreprises en difficulté et chèques avec la création d’une cellule de crise. De son côté, Clisson a aussi décidé la création de chèques. Rezé ne donne qu’aux associations pour la préservation de l’emploi, avec un budget de 100 000 €. Chacune a un peu adapté 
les propositions à sa sauce politique. Les communes de La-Bernerie-en-Retz, Les Moutiers-en-Retz et Saint-Michel-
Chef-Chef sont en réflexion. Je dois les rencontrer dans les prochains jours. En pleine période électorale, tous les maires n’ont pas été installés et nous sommes obligés d’atten­dre pour ceux qu’il reste à élire mais également pour l’élection aux communautés de communes. À noter que tous les partis politiques représentés au sein de Sud Loire Avenir ont approuvé ces propositions.

Vous avez recueilli d’autres soutiens ?

La démarche est soutenue par l’Association des maires de France ainsi que par la CPME 44. Le Département a retenu l’idée de la commande publique pour les entreprises de travaux publics. 

Êtes-vous optimiste ?

Il y a urgence à agir. Tout ce qu’on n’aura pas fait maintenant ne servira pas pour certaines entreprises. Il faut sensibiliser les maires sur la fragilité de nombre d’entreprises à la rentrée, il faut monter des cellules de crise. Je n’ai, bien sûr, pas pu rencontrer toutes les communes du territoire, mais les dossiers ont été envoyés, des rencontres ont été organisées au sein de SLA, dans les communautés de communes… Nous avons également demandé à nos députés de relayer le besoin de sensibilisation et de mise en place des dispositifs de simplification de la commande publique. C’est en débat.

* Culture Entreprises est un réseau d’entreprises du Sud Loire qui organise un salon depuis trois ans. Sud Loire Avenir en est un partenaire.


L’association Sud Loire Avenir rassemble des communes, des communautés de communes, des organisations patronales, des entreprises et des citoyens 
du Sud Loire-Atlantique afin de réfléchir et participer 
à la construction du territoire de demain. Ces acteurs sont répartis sur un territoire au sud de la Loire qui comprend les communes de Nantes Métropole, Sud Estuaire, Pornic agglo, Grand Lieu, Sud Retz Atlantique, Sèvre et Loire 
et Clisson, Sèvre et Maine agglo.
Soit 78 communes et 401 331 habitants.

Plus d’infos : www.sudloireavenir.fr