Économie

Municipales – Les artisans veulent peser dans la campagne

À quelques semaines des élections municipales, la Chambre de métiers et de l’artisanat se mobilise pour interpeller les candidats de toutes les communes du territoire de la Loire-Atlantique.

Julie CATEAU - 21 février 2020
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La Chambre de métiers et de l’artisanat de Loire-Atlantique (CMA) vient d’achever un travail de fourmi. Son président, Philippe Bely, a adressé une charte de soutien à l’activité économique de proximité à l’ensemble des candidats aux élections municipales dans les communes et communautés de communes du département. Des textes adaptés en fonction des problématiques de chaque territoire. Au total, plus de 200 chartes individualisées ont été transmises, trois à quatre exemplaires par mairie. Elles ont été préparées grâce au maillage de la chambre dans les différentes collectivités qui comptent de nombreux conseillers référents de la CMA. Ceux-ci ont fait remonter les besoins des artisans de ces territoires pour élaborer ces chartes.

Philippe Bely souhaite recevoir les candidats pour évoquer les conditions de développement de l’artisanat dans leur commune. Puis il ira à la rencontre des nouveaux élus. Pour la CMA, ces élections municipales comportent un troisième tour, celui des élections aux communautés de communes qui possèdent la compétence en matière économique. « Il ne faut pas oublier les artisans, insiste Philippe Bely. Ce sont des professionnels qui ne s’expriment pas. »

Une trop grande pression du foncier

Une problématique récurrente réside dans le recrutement de collaborateurs qualifiés et la reprise d’activités, 30% des chefs d’entreprises artisanales étant âgés de plus de 50 ans. Mais la réponse sera différente que l’on gère une commune comme Joué-sur-Erdre ou Nantes. « Ce sont des métiers réglementés de qualité. Les artisans ont besoin de trouver des repères pour se démarquer et développer leur entreprise. On observe de plus en plus de nouveaux profils avec des jeunes qui se lancent beaucoup plus vite qu’avant en montant leur affaire, dès 22 ans parfois. Pour les anciennes générations, les artisans démarraient leur propre activité autour de 40-50 ans. Ils maîtrisent mieux les outils du numérique. Certains sont en reconversion. Ce sont des données à prendre en compte. »

Autre source d’inquiétude : la question du foncier. Il existe une forte pression sur les prix des terrains et sur l’immobilier jusqu’à trente kilomètres de Nantes. Les artisans ont du mal à travailler en cœur de ville, « alors qu’il n’est aujourd’hui plus question de poursuivre l’étalement urbain. » La Chambre de métiers et de l’artisanat propose que « les artisans puissent bénéficier de locaux adaptés à certaines activités comme la menuiserie, la plomberie, en pied d’immeubles. Cela recréerait du lien. »

Réseau local

L’artisanat est aujourd’hui plébiscité mais il a besoin d’être protégé. « Les modes de consommation changent, il y a un besoin de traçabilité, d’échange. Pour maintenir nos entreprises, trouver un équilibre avec les grands centres commerciaux, n’est pas facile », estime Philippe Bely. La Chambre de métiers et d’artisanat vient d’être intégrée à un réseau local
comprenant l’association des maires de Loire-Atlantique, le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture pour développer les circuits courts dans les bourgs. Il s’agit par exemple de faciliter l’accès des artisans locaux aux marchés publics. « On voudrait éviter que le pain servi dans les
cantines vienne de l’industrie plutôt que du boulanger du coin. » Le but étant de maintenir l’emploi dans les petites communes. L’artisanat emploie près de 70 000 actifs en Loire-Atlantique.