Économie

Plan de relance : 332 M€ pour faire face à la crise

« À crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». Voté les 9 et 10 juillet au Conseil régional des Pays-de-la-Loire, le plan de relance fait la part belle au soutien aux entreprises. Détails.

Dominique Perez - 17 juillet 2020
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L’urgence est là. En quelques semaines, après une large consultation des groupes politiques, exécutifs locaux, Ceser, filières économiques nationales, chambres consulaires, syndicats et organismes patronaux, le Conseil régional a élaboré une série de mesures visant notamment à soutenir et accélérer l’économie, ainsi que la « protection » des Ligériens. Contrairement à une certaine unanimité pendant le confinement, ce plan d’urgence a été approuvé par les groupes LR (les Républicains) et UC (Union centriste), le Groupe SERR (élus socialistes, écologistes, radicaux et républicains) ayant voté contre et les autres groupes s’étant abstenus. Le plan de 332 M€ comprend 145 mesures, avec un risque de saupoudrage, dont une majorité consacrée au soutien de l’économie. Le premier plan, d’urgence celui-ci, était doté de 69 M€. 

L’accompagnement encouragé

« Nous passons d’une logique de résistance avec un soutien à la trésorerie pour éviter les faillites à une logique de relance pour soutenir le rebond de l’économie régionale », souligne Laurent Dejoie, vice-président du Conseil régional. 77 mesures sur 145 au total concernent ainsi le soutien spécifique aux entreprises, présentées en neuf volets, qui vont du conseil et accompagnement au développement des infrastructures de transport (réaménagement de l’aéro­port Nantes Atlantique) en passant par des aides aux financements des entreprises au moment de la reprise. 

Parmi les dispositifs d’accompagnement, seront aidés, par exemple, Dinamic Rebond, proposé par la Chambre de commerce et d’industrie des Pays-de-la-Loire (5 900 € de subvention par entreprise, avec une cible de 110 entreprises pour un budget de 660 000 € en 2020) ou l’École POP, organisme nantais de conseil en développement de la performance, pour accompagner des PME-PMI régionales dans le redémarrage de leur activité industrielle. Objectif : l’accompagnement de 30 PME et 5 ETI d’ici à la fin de l’année 2020, en mobilisant 145 000 €. 

« Protéger l’économie de proximité » 

Certains secteurs ayant été plus impactés que d’autres, aux mesures générales de soutien aux entreprises viennent s’adjoin­dre des initiatives spécifiques pour certains secteurs, en axant non sur l’industrie mais plutôt sur « l’économie de proximité ». L’aide aux commerces est ainsi à l’ordre du jour. « Il faut aider à reconquérir les centres-villes, en aidant les associations de commerçants à créer des animations, à revitaliser les villes », souligne Laurent Caillaud, conseiller régional. Un appel à projets régional, doté de 300 000 €, a ainsi été voté pour soutenir les associations de commerçants pour l’animation des centres-villes et la reconquête de leur clientèle. 

La période du confinement a sans doute accéléré la tendance : la digitalisation devient un des moyens essentiels de sauvegarder tout ou partie de son activité en répondant aux nouveaux modes de consommation. 250 000 € sont ainsi mobilisés pour accompagner et amplifier les places de marché virtuelles (marketplace) mises en place par les Chambres de commerce et d’industrie au niveau départemental. De plus, un second appel à manifestations d’intérêt (AMI) ‘‘Boost e-commerce’’, déjà doté de 630 000 € en 2020, accompagnera les commerçants dans la digitalisation de leur activité. Développement des sites de vente en ligne, marketplaces locales, logistique… le Conseil régional inscrira un budget supplémentaire de 300 000 € à cette mesure. 

Le tourisme a également très mal vécu la crise : 40% des acteurs au niveau régional ont de fortes craintes concernant la pérennité de leur entreprise. 600 000 € sont donc consacrés à une campagne régionale de promotion touristique, déjà en cours (voir notre numéro du 19 juin) et visant à sauver la saison 2020. Objectif : convaincre les Ligé­riens eux-mêmes, mais également les habitants des villes limitrophes et d’Île-de-France de choisir la région pour y passer leurs vacances. 

Emploi et formation : des mesures pour limiter le chômage

Maintenir l’emploi et l’appareil de formation sont d’autres priorités régionales, à l’heure où la crise sanitaire fait craindre une hausse durable du taux de chômage et une difficulté spécifique d’accès à l’emploi des jeunes diplômés, qui pourraient être les ‘‘sacrifiés’’ de la crise. Parmi les mesures votées, celle de l’abondement des Comptes personnels de formation (CPF) des salariés présents dans les secteurs stratégiques de l’économie régionale, une première en France. Le budget consacré est de 3 M€, avec l’objectif de 2 000 sala­riés formés et de 1 000 entreprises bénéficiaires de la mesure en 2020. D’autre part, les places en formation pour les demandeurs d’emploi seront augmentées de 20% par rapport à 2019, ce qui représente 10 M€ de commandes supplémentaires de la Région au second semestre 2020. 

Enfin, même si le pilotage de l’apprentissage, depuis la dernière réforme de la formation, est désormais dévolu à l’État et non plus aux Régions, le Conseil régional a décidé de se mobiliser dans le cadre du Plan national en faveur de l’apprentissage lancé par l’État. Fonds de soutien (non budgétisé encore) aux CFA en difficulté, prorogation des subventions d’investissement au bénéfice des CFA pour soutenir les projets en cours contrariés par le confinement pour 1,3 M€, réou­verture envisagée d’une bourse régionale de l’apprentissage… une manière pour la Région de se repositionner sur un dossier dont elle a du mal à se séparer  ? 


Soutenir la création d’entreprise

La crise du Covid-19 a causé un coup de frein brutal à la création d’entreprise, avec -20,6% de créations au mois de mars 2020 par rapport à mars 2019.
Le Conseil régional souhaite accompagner plus fortement les porteurs de projet en renforçant les dispositifs existants, tels que les plateformes de prêts d’honneur (Réseau Initiative, Réseau Entreprendre, ADIE…) ou fonds de garantie (France Active). 800 000 € supplémentaires sont destinés à ces structures, visant à accompagner plus de porteurs de projets. Ce qui porte à 3,3 M€ le budget annuel global consacré à ces structures, contre 2,2 M€ en 2019.