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Tourisme d’affaire : « Il faut ouvrir de nouveaux marchés »

Parmi ses différentes missions, l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement assure la promotion du territoire pour le tourisme d’affaire. Durement frappés par la crise, les acteurs de cette filière se sont mobilisés pour préparer au mieux le rebond. Fabrice Joubert, directeur adjoint de l’agence, fait le point des actions entreprises pour les soutenir au mieux.

Nelly Lambert - 1 juillet 2020
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Dans quel état d’esprit se trouvent aujourd’hui les acteurs du tourisme d’affaire ?

La plupart des activités ont connu un arrêt brutal avec des conséquences économiques désastreuses. Les grandes structures d’accueil travaillent sur des reports d’événements, mais pour les plus petites, qui ne disposent pas d’une grosse trésorerie, il y a plus d’inquiétude. Elles ont besoin de relancer l’activité à 100% et le plus vite possible. Malgré tout, on constate chez l’ensemble de ces acteurs une vraie volonté de rebondir, de trouver des solutions. Ils vont de l’avant.

Vous avez organisé début juin un hackaton. Avec quelle ambition ?

On a contacté les membres de notre club MICE (pour Meetings, Incentives, Conferencing, Exhibitions, NDLR) pour leur demander comment on pouvait les aider. Une grande majorité nous a répondu qu’ils avaient besoin de solutions pour les soutenir au moment de la reprise. Il y a eu beaucoup de démarches sur le territoire pendant le confinement avec des webinaires très descendants. Avec ce hackaton, on a voulu organiser un marathon créatif en travaillant sur des solutions concrètes pour répondre à leurs problématiques. L’idée a émergé mi-mai et le hackaton, 100% numérique du fait des circonstances, s’est déroulé du 5 au 7 juin : c’est allé très vite. On a travaillé autour d’équipes pluridisciplinaires : des chercheurs, des étudiants, des experts et des professionnels de l’événementiel et de la restauration. Ces six équipes, composées de 6 à 8 personnes, ont travaillé sur des projets répondant au cahier des charges : il fallait trouver des solutions rapidement déployables et intégrant une dimension environnementale forte. Toutes les équipes ont joué le jeu en allant pour certaines jusqu’au prototype.

C’est un projet pour les restaurateurs qui a été désigné lauréat ?

Le projet Klaire porté par des étudiants de l’École de design et Jérôme Bourgeois, patron du restaurant nantais Sapio, répondait à tous les critères. C’est un kit ludique et pédago­gique qui aide les restaurateurs à faire respecter les mesures barrières, réalisé à partir de matériaux entièrement recyclables. Il pourra également être évolutif vers d’autres usages de communication après le Covid.

L’expérimentation réussie de ce hackaton, nous incite d’ailleurs à envisager un événement, annuel, autour des problématiques de la filière liées aux enjeux sociétaux et tourné vers la recherche de solutions innovantes par l’intel­ligence collective.

Au-delà de cette action, de quelle manière allez-vous soutenir les acteurs de la filière ?

On est encore dans le flou en ce qui concerne la visibilité post-Covid, mais il va falloir travailler avec les professionnels pour voir comment ouvrir de nouveaux marchés, locaux et nationaux. On va les accompagner pour toucher cette cible-là en définissant quels sont les messages-clés du territoire et en travaillant sur la réassurance de leurs clients.

Parallèlement, nous travaillons sur l’élaboration d’une charte sanitaire de la destination Nantes Saint-Nazaire qui soit un engagement pour tous les acteurs, depuis les hôteliers et restaurants, jusqu’aux transports en commun, en passant par les gares, l’aéroport. Cette charte sera finalisée début juillet.

Et à plus long terme ?

Nous avions déjà observé que le volet environnemental et écologique était devenu un critère essentiel. L’épidémie a encore renforcé cette tendance et on parle désormais d’événements écoresponsables. Sur ce sujet, on a la chance d’avoir deux grosses structures, la Cité des congrès et le parc des Expositions, qui ont le plus haut label aujourd’hui : celui d’Iso 20121. Nous sommes un des seuls territoires en France à compter deux grands équipements disposant de cette certification. Et demain, au même titre que huit autres destinations françaises, nous prétendons au label Destination internationale responsable. L’objectif est de gagner en visibilité internationale car c’est devenu un enjeu essentiel pour le tourisme d’affaire de demain ; beaucoup d’organisateurs d’événements plaçant désormais ce critère parmi leurs critères prioritaires, en particulier les pays d’Europe du Nord.