Économie

Tourisme : les ambitions de Saint-Nazaire

À l’occasion de la soirée de rentrée de la Carene du 10 septembre le territoire de Saint-Nazaire a affiché sa volonté en matière de tourisme.

Nelly Lambert - 24 septembre 2019
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Le marketing territorial est devenu une arme stratégique dans la course à l’attractivité des territoires. Et l’agglomération de Saint-Nazaire n’est pas la dernière à s’en saisir. La traditionnelle soirée de la Carene au Théâtre Simone Veil est l’occasion d’en faire la démonstration. Avec, cette année, une thématique riche de promesses : le tourisme..

Ouvrir le champ des possibles 

En la matière, le territoire a des ambitions non chiffrées mais diversifiées. Naturellement, le tourisme industriel s’est révélé le premier levier actionné, il y a une quinzaine d’années. Le territoire compte ainsi 80 000 curieux du patrimoine industriel chaque année. Soit près d’un tiers de la fréquentation touristique annuelle. 

Mais l’agglomération convoite désormais d’autres terrains de jeu, autour de l’océan, de la Loire et de la Brière. Avec une intention claire : proposer aux touristes « des expériences atypiques de découverte d’une vie maritime, urbaine et naturelle. » Pour ce faire, le territoire a décidé de communiquer sur quatre offres : Nature, Balnéaire et littorale, Urbaine et, enfin, Industrielle. Ces offres devraient lui permettre, espère-t-il, d’attirer les visiteurs sur ses terres toute l’année.

Ainsi, quand la filière Nature mise sur les atouts du parc naturel régional de Brière et des croisières fluviales, l’offre balnéaire compte mettre à profit un littoral de plus de 20 km, de
multiples plages et des activités à tester toute l’année, depuis la thalasso jusqu’aux bases nautiques. 

Et pour faire la différence avec d’autres destinations, à une époque où l’expérience client est devenue le maître mot des professionnels du tourisme, l’original, voire l’insolite ont toute leur place via, par exemple, une nuit en roulotte ou dans une pêcherie.

Dans ce programme, la ville n’est pas oubliée avec deux autres filières : urbaine et industrielle. L’idée ? Valoriser le patrimoine historique et le commerce de centre-ville d’un côté et les fleurons industriels de l’autre. Le territoire attend d’ailleurs beaucoup du label « Ville d’art et d’histoire » attribué par le ministère de la Culture. Son obtention constituerait une reconnaissance d’un patrimoine atypique. Il lui permettrait par la même occasion d’intégrer un réseau national et de bénéficier d’actions de promotions, ainsi que de subventions. La réponse est attendue sous quelques mois.

Enfoncer le clou

Repositionner une ville qui a longtemps souffert de son image de cité industrielle défigurée par la seconde guerre mondiale comme une destination touristique nécessite du travail et du temps. Mais le succès de la rénovation du front de mer et de la place du Commando a donné confiance aux élus. 

Pour faire connaître et promouvoir sa destination, l’agglomération de Saint-Nazaire a aussi su s’appuyer sur la force du collectif. Jean-Claude Pelleteur, vice-président de la Carene et maire de Pornichet, considère ainsi que la loi NOTRe « nous a permis de travailler ensemble ». Avec le transfert de la compétence Promotion du tourisme, les collectivités ont créé des sociétés publiques locales (SPL), comme à Pornichet.
À Saint-Nazaire, la SPL englobe le Parc Naturel de la Brière. « Les deux entités fonctionnent en lien étroit pour promouvoir l’offre touristique à une échelle nationale, voire internationale, incluant ponctuellement la SPL touristique de Cap Atlantique », peut-on lire dans le dossier de presse de la Carene. Les échanges se font aussi avec Nantes Métropole.

Pour le grand public, le deuxième acte de la grande opération séduction s’est ouvert au printemps. Objectif ? Enfoncer le clou, avec une campagne de promotion affichée dans plusieurs villes de l’Ouest et destinée à faire changer de point de vue sur la cité. « Saint-Nazaire Renversante » semble d’ailleurs porter ses premiers fruits. La saison estivale 2019 a accueilli près de 123 000 visiteurs sur l’ensemble des offres de Saint-Nazaire, soit une hausse de 8% comparée à 2018. Le sous-marin Espadon (plus de 40 000 curieux), l’aventure des paquebots transatlantiques avec Escal’Atlantic (près de 32 000 visiteurs) et les Chantiers de l’Atlantique (14 344 touristes) forment le trio de tête des sites les plus plébiscités.

Si le territoire de Saint-Nazaire fait les yeux doux aux touristes, il tient toutefois à faire passer un message : il n’oublie pas les résidents. Même si les risques liés au tourisme de masse (hausse des prix de l’immobilier, saturation des sites, dégradation, pollution…) paraissent peu concrets aujourd’hui, l’agglomération affirme viser « un tourisme équilibré qui contribue autant à l’attractivité du territoire qu’à la qualité de vie » de ceux qui y vivent au quotidien. Les municipales ne sont pas loin.

La Carene en chiffres

Un territoire de 318 km², dont 15 600 ha
de zones humides

10 communes :
Besné, La Chapelle-des-Marais,
Donges, Montoir-de-Bretagne,
Pornichet, St-André-des-Eaux,
St-Joachim, St-Malo-de-Guersac, St-Nazaire et Trignac

280 000 visiteurs
annuels en moyenne
à St-Nazaire